Diagnostic positif |
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Message clé | - Gynécomastie = hyperplasie du tissu glandulaire mammaire chez l'homme,
- Le principal diagnostic différentiel de la gynécomatie est l'adipomastie (absence de prolifération glandulaire).
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Clinique | - Gynécomastie : palpation d'un tissu ferme, mobile, arrondi et centrée sur le mamelon. Une douleur spontanée ou provoquée est fréquente dans les 6 mois suivant son apparition et ne constitue pas un signe de gravité,
- Adipomastie : absence de tissu retrouvé à la palpation,
- Cancer : tissu induré, non centré par l'aréole, adhérent au plan profond +/- signes associés (anomalies cutanées, saignement, adénopathie axillaire...).
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Mammographie + échographie (ordonnance) | - En cas de doute à l'examen sur l'existence d'une gynécomastie ou sur l'existence d'une tumeur,
- Permet de confirmer le diagnostic de gynécomastie,
- Permet d'éliminer un cancer (très rare).
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Diagnostic étiologique |
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Clinique |
- Médicaments +++ (voir tableau 3),
- Utilisation de produits dits naturels,
- Consommation de cannabis ou de produits dopants (stéroïdes anabolisants),
- Âge évocateur (nouveau né, puberté, > 65 ans),
- Antécédent ou signes d'insuffisance rénale chronique (voir fiche) ou de cirrhose (voir fiche),
- Palpation testiculaire (recherche d'une atrophie ou d'une tumeur),
- Palpation axillaire : recherche d'une adénopathie,
- Recherche d'une galactorrhée (en faveur d'une hypersécrétion de prolactine),
- Recherche de signes de déficit androgénique :
- Retard pubertaire,
- Troubles de la sexualité (baisse de la libido, dysfonction érectile), bouffées de chaleur, fatigabilité, faiblesse musculaire, diminution de la pilosité, atrophie cutanée, troubles neuropsychiques (humeur dépressive, asthénie...).
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Bilan paraclinique de 1ère intention |
Indication | - Systématique chez l'adulte et l'adolescent d'âge prépubertaire (à l'exception des nourrissons : voir gynécomastie idiopathique ci-après). En cas de cause évidente comme une prise de médicament inductrice de gynécomastie (voir tableau 3), une surveillance simple peut être proposée et le bilan sera réalisé en l'absence de régression de la gynécomastie plusieurs mois après interruption de la cause.
- Un avis spécialisé peut être sollicité.
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Biologie (ordonnance) | - Créatinine,
- Bilan hépatique,
- Alpha-foetoprotéine,
- hCG,
- TSH,
- Testostérone totale,
- SHBG,
- FSH, LH,
- Prolactine,
- Œstradiol,
- Delta-4-androstènedione,
Sur point d'appel : - Consultation génétique,
- IGF-1.
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Mammographie + échographie (ordonnance) | - En cas de doute à l'examen sur l'existence d'une gynécomastie ou sur l'existence d'une tumeur,
- Permet de confirmer le diagnostic de gynécomastie,
- Permet d'éliminer un cancer (très rare).
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Échographie testiculaire (ordonnance) | - Systématique,
- Recherche d'une atrophie testiculaire ou d'une tumeur.
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TDM abdominale (ordonnance) | - En cas d'hyperœstrogénisme avec échographie testiculaire normale,
- Pour recherche de tumeur surrénalienne.
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Principales étiologies |
Gynécomastie idiopathique | - Le plus fréquent : aucune cause n'est retrouvée pour environ 60% des gynécomasties,
- La gynécomastie idiopathique peut disparaître spontanément ou justifier d'un traitement (voir ci-après),
- Certaines périodes de la vie sont associées à une augmentation de fréquence des gynécomasties :
- Période néonatale (65-90% des nouveau-nés) :
- Due à un passage transplacentaire des œstrogènes maternels,
- Disparait le plus souvent spontanément,
- En cas de persistance au-delà de l'âge de 6 mois, réaliser un bilan étiologique (voir ci-avant),
- Puberté :
- Très fréquente (30%-70% des garçons),
- Apparition entre 10 et 14 ans,
- Disparition le plus souvent spontanée en 6 à 24 mois,
- Un bilan étiologique (voir ci-avant) est justifié en cas de :
- Persistance de la gynécomastie pendant plus de 24 mois, ou
- Écoulement mamelonnaire,
- Anomalies morphologiques, phénotypiques ou testiculaires associées,
- Après 65 ans (jusqu'à 50% des hommes) : le plus souvent liée à une diminution de fonction testiculaire, mais nécessite la réalisation d'un bilan étiologique (voir ci-avant).
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Augmentation du taux d'œstrogènes | - Obésité,
- Cannabis,
- Alcool,
- Exposition accidentelle :
- Rapports sexuels avec une partenaire utilisant un traitement topique vaginal de la ménopause à base d'œstrogène,
- Exposition à des substances environnementales mimant les œstrogènes (phyto-œstrogènes).
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Insuffisance rénale chronique | Voir fiche. |
Cirrhose | Voir fiche. |
Médicaments et drogues
| Voir tableau 3. |
Hyperthyroïdie ou hypothyroïdie | |
Insuffisance testiculaire | - Toujours rechercher une diminution du volume testiculaire (pas toujours retrouvée),
- Biologie :
- Testostérone basse (parfois normale),
- FSH et LH élevées (parfois seul signe retrouvé),
- Avis spécialisé pour bilan étiologique :
- Klinefelter (caryotype 47, XXY),
- Antécédents de lésion testiculaire (traumatique, infectieuse, chirurgicale...),
- Antécédent de chimiothérapie ou de radiations.
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Hypogonadisme hypogonadotrope | - Biologie :
- Testostérone basse,
- FSH et LH basses ou normales (anormalement normales),
- Avis spécialisé pour bilan étiologique :
- Recherche d'une hyperprolactinémie,
- IRM hypophysaire et de la selle turcique (ordonnance) +++
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Tumeur sécrétantes | - Tumeur sécrétant des œstrogènes :
- Taux élevé d'œstradiol (> 40 pg/mL),
- Rechercher une tumeur testiculaire ou surrénalienne (scanner abdominal, en l'absence de tumeur à l'échographie testiculaire),
- Tumeur sécrétant de l'hCG :
- Taux élevé d'hCG,
- Rechercher une tumeur testiculaire, cérébrale (IRM cérébrale et de la selle turcique en l'absence de tumeur à l'échographie testiculaire), bronchopulmonaires, rénale, gastrique.
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Autres | - Dénutrition,
- Défaut enzymatique de production de la testostérone,
- Syndrome d'insensibilité aux androgènes,
- Hermaphrodisme,
- Excès d'activité extra-glandulaire de l'aromatase,
- Polluants environnementaux,
- Syndrome de renutrition.
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